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9051 Messages dans 1378 Fils de discussion- par 278 Membres - Dernier membre: lolo081108

03 Avril 2020 à 13:07:45
Parapentes de la Sainte-VictoireParapentes de Sainte-VictoireRECITS DE VOL ET DESCRIPTION DE SITESRetour sur mon accident
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Auteur Fil de discussion: Retour sur mon accident  (Lu 4636 fois)
thomas


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« le: 10 Septembre 2016 à 06:41:43 »

Bonjour,

Je voudrais faire un retour sur mon accident du 29 juillet. Non pas sur les causes mais sur les faits après avoir impacté la planète à Saint André sur l’atterrissage de Moriez.

Alors voilà,  quelques secondes avant l’impact j’avais reconstruit et reaxé ma voile et je me retrouve dans une phase d’accélération.  Je jette un coup d’œil vers le sol et je vois que le rappel pendulaire ne va pas me permettre de passer. Je vois nettement mon futur point d’impact, je met les pieds en avant… le sol arrive vite, très vite , allez on y croit !

Mes jambes impactent, mes genoux se plient, mon  cul impacte, je rebombe et me retrouve debout l’espace d’un instant. Ça crépite dans ma tête…sensation étrange je pense à mon fils et ma femme, je bascule sur le flanc droit tout à fait conscient et je dis « putains je suis en vie ».

Rapide état des lieux : J’ai la respiration rapide, je regarde mes jambes, les pieds bougent péniblement mais ça bouge. Une sensation cartonnées et des fourmis dans les deux jambes et les deux bras. Je n’ai pas vraiment mal voire pas mal du tout à ce moment là.

Je cherche alors à appeler les secours. Je regarde en l’air pour voir si les copains ne m’auraient pas vu et je constate qu’ils sont cachés par la végétation.  Je ne les vois pas, donc eux non plus.

Un rapide tour d’horizon me fait constater que je ne vois personne, pas d’habitation et je ne vois pas la route qui est à 50m de moi. J’en déduis que personne ne me vois. Il va falloir se débrouiller seul.

Même si je n’ai pas mal je sens très bien que je suis en miettes et mes mouvements sont très très engourdis.  Je cherche mon téléphone.  Je sais qu’il est dans une des poches de ma sellette,  dans l’autre il y a mon portefeuille.  Comme je suis sur le flanc droit, je ne peux accéder qu’à mal poche gauche. Je cherche péniblement la fermeture éclair que je ne sens pas à cause de mes mains engourdies. Je fini péniblement par la trouver et parviens à l’ouvrir. Je met la main dedans, je sens un objet,  je le sors et c’est mon portefeuille… pas de chance le téléphone n’est pas accessible.  

Toutefois, à la réflexion je ne suis pas certain que je serai parvenu à utiliser mon téléphone avec mes mains et mes doigts engourdis.
Il me reste la radio. Elle est dans la poche arrière de ma sellette. Généralement je parviens a l’attraper. Là en montant le bras je sens que mécaniquement ça passe pas.

A ce moment là je me dis que c’est con d’être encore en vie après un tel impact et de finir par agoniser au sol pleinement conscient. Rapidement je me dis que du temps que Bruno avec qui je suis venu et les 2 autres copains se rendent compte que je ne suis pas là,  redescendent en voiture du chalvet,  m’appellent , constate que je ne me suis pas posé à l’école et finissent pas partir à ma recherche puis me trouvent… j’en ai bien pour trois heures. J’ai le sentiment que d’ici là j’aurai perdu connaissance, et j’ai beaucoup mal au ventre !

Alors je me souviens de mes cours de secourisme et me dis que pour survivre en étant inconscient il faut que mon corps puisse respirer. Je décroche ma ventrale et bascule un peu plus pour me mettre en PLS menton relevé.
Maintenant,  j’essaie des me calmer et régulièrement je crie pour alerter … sait on  jamais.

Au bout de 15- 20 minutes, j’entends une réponse à mes cris. Un premier gars arrive puis deux autres.
C’était 3 motards sur la route de Moriez, l’un d’eux à vu le début de mon sketch puis je suis passé derrière le relief. Il a convaincu ces potes de s’arrêter et ont battu dans les champs ne sachant pas exactement où j’étais. Ils ont fini par entendre mes cris.

Alors voilà, sans entrer dans le débats de comment faire pour ne pas impacter que l’on voit régulièrement,  j’aimerai faire réfléchir ceux qui le souhaitent sur quoi faire lorsque l’on a impacter.
On se retrouve dans un sale état et à mobilité réduite, pas forcément conscient.  Même sur site en vol du soir (mon cas de figure) l’espace de recherche est rapidement très grand… On a mis quoi en place pour s’en sortir ?  Un téléphone pas forcément utilisable avec les doigts en carton,  une radio avec laquelle on va crier au secours sur la fréquence ffvl… Qui écoute ? Les pompiers ?
ça ne me semble pas super efficace à côté des réflexions que l’on mène sur le pilotage, les normes EN, les air bag,  les parachutes de secours…les facteurs humains…

Il s’avère que les douleurs au ventre qui sont apparues quelques minutes après être tombé étaient dues à des hémorragies internes du bassin (2litres) et des autres organes qui ont été martyrisés par la violence du choc. Sans doute que je n’aurai pas tenu les trois heures plus l’attente des secours sans avoir été rapidement médicalisé.  

C’est seulement le regard hasardeux de ce motard et son entêtement à me retrouver qui font que ma femme n’est pas veuve et mon fils me connaîtra.
Aujourd’hui je ne suis pas traumatisé par ma chute,  ni par le vol et j’ai pleinement conscience des mes erreurs. Ce qui m’interpelle c’est que, je volais avec deux secours, dans une sellette rigide avec protection de haut niveau , mais je n’ai rien mis en œuvre de sérieux en amont pour sauver ma peaux si je tombais.

Dorénavant pour les activités de plein air je prévois d’investir et de m’abonner dans un dispositif de type spot accessible sur la poitrine pour alerter les secours avec des mains cartonnées. Et j’évite d’imaginer ce qu’il aurait pu se produire si un accident similaire me serait arrivé lors des quelques cross que j’ai fait.

Bien heureux d’être en capacité vous écrire de mon lit d’hôpital,

Thomas

« Dernière édition: 10 Septembre 2016 à 07:36:42 par thomas » Journalisée
Bruno L


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« Répondre #1 le: 10 Septembre 2016 à 08:34:23 »

Thom

Ton temoignage me touche d'autant plus que malgre le fait d'avoir decollé ensemble, c'est Elo qui m'a informé de ton accident, le soir qd je redescendais en voiture, pensant te retrouver à l'atterro de l'ecole ... 3 ou 4h apres le deco. Je n'ai rien vu et ne m'attendais pas du tout à cela.
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FloClem


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« Répondre #2 le: 10 Septembre 2016 à 19:41:59 »

Superbe témoignage Thomas.
Tu as bien raison. les précautions "après la chute" sont rarement prises en considération.
Peut être est ce le fait que nous ne voulons pas imaginer cette situation, nous la nions.
Florence
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ksuxcle


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« Répondre #3 le: 13 Septembre 2016 à 09:26:57 »

On parle de tous ces points sur le forum de la cadière ici : http://lacadiereparapente.eklablog.com/secu-mise-a-jour-a126862006
il y a un bilan sécu tiré des fiches remplies par les pilotes sur les accidents et incidents et j'ai fait un petit prog sous excel pour évaluer rapidement sa sécu...
A+ et bon courage à toi Thomas, au plaisir de se retrouver à Roquebrune en train de tourner des hélicos 
Journalisée
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